De la rude épreuve de l'Art Magique
Écrit par Lune   

Apprends de l'esprit qui porte des fardeaux sans honneur, car c'est l'esprit qui voûte les épaules mais qui ne cède pas sous le poids. L'armure est lourde, pourtant c'est un noble fardeau et un homme s'y tient droit à l'intérieur (ndlt : tiré du livre de Mark Twain, Un Yankee à la cour du roi Arthur ). Limiter et contraindre l'un de nos sens permet d'accroître la concentration d'un autre. Fermer les yeux favorise l'ouïe. Donc, lier les mains de l'initié accroit la perception mentale, tandis que le fouet accroit la vision intérieure. Ainsi l'initiée traverse l'épreuve fièrement, comme une princesse, en sachant cela lui sert à accroitre sa gloire. Mais cela ne peut se faire qu'avec l'aide d'une autre intelligence et dans un cercle, pour éviter que le pouvoir ainsi généré ne se perde. Les prêtres tentent de faire la même chose avec les flagellations et les mortifications de la chair. Mais ils leur manque l'aide des liens et leur attention est distraite par leurs flagellations même et le peu de pouvoir qu'ils produisent est dissipé, comme ils ne travaillent pas habituellement à l'intérieur d'un cercle, ce n'est pas étonnant qu'ils n'y parviennent pas. Les moines et les ermites y arrivent mieux, car ils sont aptes à travailler dans de minuscules cellules et des grottes, qui d'une certaine façon agissent comme des cercles. Les Templiers, qui se flagellaient mutuellement dans un octogone, c'était encore mieux ; mais ils ne connaissaient apparemment pas les vertus des liens et le faisaient mal, entre hommes. Mais peut-être que certains savaient ? Qu'en est-il des responsables de l'Église qui portaient ceintures ou cordes ?

Livre des Ombres de Gerald Gardner, version 1953.